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dimanche 18 juin 2017

Novembre 1958, Montdenis attend sa route... (Article, Le Dauphiné Libéré)

Merci à Jacky et Catherine qui m'ont donné une copie de cet article de novembre 1958 du Dauphiné Libéré (par Charles Adenot).

Pour faciliter la lecture, je vous livre le texte complet...

Prisonnier d'un cirque majestueux de montagnes, Montdenis attend sa route...

Montdenis, 146 habitants... Encore une commune de montagne qui meurt de sa bonne mort, tout doucement, étouffée par le manque de moyens de communication. Car en 1958, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, au siècle de la vitesse, de l'énergie atomique et des perspectives de voyages interplanétaires, Montdenis n'a pas de route !

Accrochés à 1400 mètres d'altitude au pied du majestueux Perron des Encombres, ces quatre villages sont reliés à Saint Julien de Maurienne d'une part, à Greny et Montandré, d'autre part, par de mauvais sentiers muletiers.

Cette commune si déshéritée s'est pourtant offert un luxe inouï ; de Saint Julien à Montdenis, un câble a été établi qui permet aux habitants de monter par benne tout leur nécessaire. Mais ce mode de locomotion est formellement interdit aux humains qui doivent, pendant une heure et demie, peiner et monter avant de parvenir aux premières maisons du village de l'Église.

A l'intérieur de la commune, tous les charrois se font, hiver comme été, sur traîneau ou à dos. Ce qui ne favorise guère l'exploitation des propriétés peu à peu abandonnées et provoque l'exode des jeunes vers le fond de la vallée.
Une chance, cependant, bien mince, d'ailleurs : l'exploitation des carrières d'ardoise situées à flanc de paroi et qui permet de subsister, à la population demeurée sur place, moyennant un travail dangereux et pénible.
Montdenis conserve aujourd'hui avec Bonne-Claret, le titre peu enviable de commune encore enclavée de Savoie.
Le maire actuel, M. Gustave Coutaz, comme tous ses prédécesseurs se fait un devoir d'insister de tout son cœur pour qu'une route vienne enfin apporter au pays un peu de commodité.
Depuis quatre ans, le projet établi est en voie de réalisation. Mais les travaux sont longs, pénibles et coûteux. Leur exécution est subordonnée aux crédits alloués.
La route une fois terminée comptera 12 kilomètres, avec une dénivellation de 800 mètres, partant de Saint Julien (600 m.) pour aboutir au village supérieur de Montdenis à la côte 1400.
(La dernière ligne de l'article n'est malheureusement pas lisible...).